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mardi 18 décembre 2012

Mais qui est vraiment la Flamme Noire ?




En voilà une question qu'elle est bonne. Alors, qu'en est-il du cas Black Flame ? Qui est-il ? Que mange-t-il ? Pour répondre à toutes ces questions, ou du moins pour tenter d'y répondre, il est important de revenir, dans un premier temps, aux sources du personnage, et donc sur ses multiples apparitions faites aux quatre coins du Hellboyverse. Ce qui nous permettra, dans un deuxième temps, de théoriser un max sur sa véritable identité en prenant la fin du quatrième numéro de The Return Of The Master comme base. Un sacré programme, donc ! Avant de commencer, je tiens à faire un énorme BIG UP à monsieur Doc Moreau (un artiste de talent que vous pourrez découvrir en cliquant ici) qui, grâce à ces commentaires pertinents, m'a donné l'idée et l'inspiration pour cet article.

Attention aux spoils les enfants !

B.P.R.D. The Dead


La Flamme Noire est apparue pour la première fois dans le troisième numéro de la série B.P.R.D. The Dead parue en Janvier 2005 (sept ans, déjà...). C'est donc au cours d'une scène voyant Johann Krauss éplucher un vieux dossier des archives du B.P.R.D. que les lecteurs ont pu découvrir la photographie d'un homme se tenant debout sur une aile d'avion et ayant, en guise de tête, un crâne entouré de flammes noires. Narmol, quoi. Autre détail intéressant, une étiquette sur laquelle est écrit "Black Flame ?" est collée sur la dite photo. Attendez un peu. Ils ont mis un point d'interrogation après "Black Flame" ? Parce qu'un autre individu de type "crâne avec flammes noire tout autour" est apparu avant celui-là ? Hmmm...bon, creusons un peu plus dans ce joyeux bordel qu'est le Hellboy Univers !

Lobster Johnson : The Burning Hand


On va s'offrir une petite liberté avec le continuum espace temps et voyager jusqu'en 2012, année de publication de la série Lobster Johnson : The Burning Hand, afin de mieux revenir dans le passé, dans les années 30 pour être plus précis. A l'heure où j'écris ces quelques lignes (toutes moisies et pleines de fautes...beuuurk, comment que ça fait pas pro du tout), la première Flamme Noire a avoir été authentifiée remonte à l'année 1932, soit 12 ans avant que ne soit prise la fameuse photographie trouvée par Johann Krauss lors de son enquête sur la Lotus Pourpre (oui, j'ai fais exprès de ne pas le préciser dans le précédent paragraphe). Alors, du coup, qu'apprenons-nous d’intéressant sur cette Flamme Noire venue aux USA afin de s'mettre sur la gueule avec le Homard ? Qu'elle vient d'Allemagne, qu'elle n'est pas super bavarde (le seul mot qu'elle balancera de toute la série est "Klein") et qu'elle suit comme un petit chien une jeune femme très sexy nommée Kamala (pour l'anecdote, Kamala signifie lotus). Du coup, et même si rien ne le prouve, libre à chacun de penser que cette Kamala est bel et bien la légendaire Lotus Pourpre, grand-mère de Benjamin Daimio. 


Pour en revenir à notre Flamme Noire, il est intéressant de noté que, comme celle qui se trouve sur la photographie dont je parle un peu plus haut, elle semble être d'origine humaine. Alors ok, c'est dit de manière chelou, je sais, mais ça aura son importance un peu plus tard dans le texte. Ce que je veux en fait dire, c'est que notre bonhomme est plutôt keuss (ce qui exclu donc le port éventuel de costume ou bien d'un dispositif servant à générer les flammes noires entourant notre bonhomme) et que les dimensions et la forme de son crâne laissent penser qu'il s'agit bien de sa tête et non d'un  quelconque masque. Ma déduction est donc la suivante : quoi qu'il ait pu lui arriver par le passé, cette chose a d'abord été un Homme avant de devenir la Flamme Noire. Voilà, c'est dit.


Au fil de la série, le lecteur découvre avec étonnement que la Flamme Noire n'est pas ce qu'il semble être, et que de boss de fin de niveau, notre bonhomme s'apparente plus à une sorte de poupée manipulée par le vrai bad guy de l'histoire, à savoir Kamala. Le tout est donc de savoir comment elle s'y prend. Et bien, notre supposée Lotus Pourpre contrôle, ou du moins semble contrôler, cet être démoniaque grâce à des pouvoirs surnaturels générés par une série de chants. Oui oui, des chants. En gros, la donzelle pousse la chansonnette et HOP, son tueur démoniaque se met à zigouiller tout ce qui se trouve dans le coin. Simple mais ultra efficace. Alors, pourquoi Mignola et Arcudi ont-ils opté pour quelque chose d'aussi peu spectaculaire et d'aussi, comment dire, bizarre ? Et bien, la réponse à cette question se trouve dans le cinquième volume de l'ongoing B.P.R.D., à savoir B.P.R.D. The Black Flame.

B.P.R.D. The Black Flame


Dans ce volume publié en 2006, le président de la Zinco Corporation, un certain Mr. Pope, souhaite prendre le contrôle des grenouilles afin d'invoquer un Kata-Hem en vue de pulvériser le monde (je schématise grossièrement pour aller un peu plus vite). Donc, ok, c'est bien beau tout ça, mais comment des grenouilles peuvent-elles être contrôlées par un simple mortel ? Parce que oui, Pope est un mec comme tous les autres...enfin, un mec comme tous les autres mais qui en sait quand même un peu plus que les autres. Vous m'suivez ? Nan ? Ok, j'm'explique. Disons que vous voulez détruire le monde de façon classe et épique. Ok ? Du coup, vous vous mettez à éplucher les vieux bouquins de l'ordre de Thulé (parce que ouais, à l'époque, les mecs étaient au taquet sur les différentes façons de défoncer le monde via le paranormal) afin d'avoir un bref aperçu des différentes possibilités qui s'offrent à vous. Et là, sans que vous vous y attendiez, v'là t'il pas que vous tombez sur un chapitre dans lequel vous apprenez que les descendants des Sept Dragons, les Ogdru-Hem, peuvent être invoqués sur Terre via une utilisation massive des monstres grenouilles. Le tout est donc de savoir comment manipuler ces dites grenouilles. Hmmm... Bon, vous gardez votre calme et vous retournez votre bouquin dans tous les sens afin de trouver une réponse à cette question quand tout d'un coup, BADABOUM, la réponse vous saute au visage tel un facehugger bondirait à la gueule de John Hurt. Le pouvoir de la Flamme Noire ! En parlant de Flamme Noire, je tiens à faire une petite parenthèse sur l'un des objets de la collection personnelle de Mr. Pope qui... comment dire.. .bref, checkez-donc :

 

Vous avouerez qu'il existe une méchante ressemblance entre cet (ex)individu et les Flammes Noires déjà apparues dans le Hellboy Universe. Maintenant, de là à dire que le squelette se trouvant sous cloche a un jour été une Flamme Noire, il n'y a qu'un pas que je n'oserai franchir. Et ce même si  Mr. Pope semble vouer un véritable culte à cet objet de déco un peu particulier.


Bref, revenons-en à nos moutons. Le seul vrai problème de Mr. Pope, une fois arrivé à cette étape de son superbe plan, c'est qu'il n'est pas la Flamme Noire et qu'il n'a aucun moyen de le contacter afin de lui demander de lui refourguer ses pouvoirs (ce con aurait pu laisser son 06 ou bien son Facebook dans ce bouquin). Du coup, comment faire ? Si on réfléchit bien, la Flamme Noire, c'est rien d'autre qu'un mec avec des flammes autour de la tête. Du coup, pourquoi ne pas fabriquer un costume qui fera illusion ? De cette manière, ces connes de Grenouilles n'y verront que du feu et invoqueront leur maître pour lui. Et c'est justement comme ça que  Mr. Pope a pensé gérer le truc histoire d'arriver à ses fins : jouer un personnage, une entité qu'il vénère, dans le but de tromper les grenouilles. Dans la théorie, pourquoi pas. Sauf que dans la pratique, l'illusion n'a pas vraiment fonctionné et que son petit jeu s'est très vite retourné contre lui.


Tout ça pour vous dire que Mr. Pope n'était pas une vraie Flamme Noire mais un simple imposteur déguisé en Flamme Noire qui a fini par se brûler les ailes tout seul comme un con. Pour en revenir au fait que Kamala, dans Lobster Johnson : The Burning Hand, chantait pour contrôler la Flamme Noire, il est intéressant de noté que Pope, dans ce B.P.R.D. The Dead, utilise le chant des Grenouilles pour invoquer le Kata-Hem et ainsi provoquer la fin du monde. Le tout est donc de savoir pourquoi la Flamme Noire influence autant les Grenouilles. Parce que, mine de rien, à ce moment là de l'histoire, rien n'indique clairement les raisons qui poussent nos amis batraciens mutants à obéir à cet homme aux côtes apparentes et au crâne serti de flammes noires. Réponse, peut-être, un peu plus loin dans cet article.

Nous venons donc de faire la différence entre vraies Flamme Noire et fausse Flamme Noire. La dernière question en suspend concerne l'identité de la Flamme Noire ainsi que ses origines ? Les réponses à ces questions se trouvent (peut-être) dans le 6ème volume de Hellboy, Hellboy : Stranges Places.

Hellboy : Stranges Places


Mike Mignola profite de ce volume expérimental pour dévoiler l'Histoire des origines du monde et des Sept Dragons, l'Ogdru-Jahad. Il nous est ainsi raconté qu'à l'origine du monde, des esprits furent envoyés sur Terre afin de surveiller ce nouveau lieu capable d'abriter la vie. Seulement voilà, un des esprits qui commençait à grave se faire chier leva la main vers le ciel, y vola le Feu de la création et façonna dans la boue les Sept Dragons légendaires qui donnèrent, à leur tour, vie aux Ogdru-Hem. La suite, vous la connaissez tous, les esprits se réunirent, détruisirent les Ogdru-Hem en lâchant la foudre sur la surface de la Terre et l'esprit créateur des Sept Dragons leva la main droite une deuxième fois afin d'emprisonner sa création et de l'expédier au fin fond du cosmos. Maintenant que le tableau et le contexte sont bien posés, intéressons-nous à l'esprit responsable de tout ce bordel Biblique : 


Cet esprit semblable à une flamme de couleur jaune géante dans laquelle apparaissent un crâne, un torse ainsi que des côtes, est donc le créateur et le bourreau des Sept Dragons, lui-même (parce que oui, ils ne font qu'un) créateur des Ogdru-Hem (les premiers êtres à avoir foulés le sol terrestre). Mieux encore, la Main Droite de cet esprit est celle qui se trouve au bout du bras droit de notre Hellboy chéri. Comme quoi, si on remonte à la source de la mythologie du Hellboyverse, on tombe sur ce connard qu'a rien trouvé de mieux pour s'occuper que de créer les Sept Dragons de l'Apocalypse...et on l'en remercie beaucoup pour ça. Mais bien plus que son C.V, ce qui nous intéresse le plus dans cette Flamme Jaune, c'est bien son étrange ressemblance avec le bonhomme récemment apparu à la fin du quatrième numéro de...

B.P.R.D. Hell On Earth : The Return Of The Master


On le sait, c'est officiel, ce mec est LA Flamme Noire, la vraie de chez vraie, le mac de tous ces petits joueurs qui apparaissent sporadiquement sur Terre depuis 1932. Mais qu'en est-il de sa véritable identité, ou devrais-je plutôt dire de ses origines ? Pour le moment, c'est mystère et boule de gomme. Voilà, c'est moche, mais c'est comme ça. Mais qu'à cela ne tienne, on va quand même tenter de théoriser à donf, quitte à se prendre un grand mur en travers de la gueule le jour où Mignola et Arcudi lèveront le voile autour de cette grande question mystérieusement mystérieuse.  Let is go :

Alors, que savons-nous sur ce grand gaillard plein de muscle ? Qu'il était piégé dans la prison de cristal de l'Ogdru Jahad avant d'être téléporté sur Terre par l'équipe de Zinco (ce qui confirmerait indirectement le fait que Raspoutine soit bel et bien en Enfer) et que son torse, ses côtes et son crâne sont particulièrement bien mis en valeur, tout comme les Flammes Noires de The Dead et The Burning Hand, mais aussi et surtout comme l'esprit créateur de l'Ogdru Jahad que l'on peut voir dans Hellboy : Stranges Places. Jetez donc un œil sur ce magnifique schéma tout pourrave que j'vous ai concocté :


Sachant ça, on va pouvoir lâcher la bombe : il ne fait presque aucun doute que LA Flamme Noire qui est apparu à la fin de The Return Of The Master #4 est en fait l'esprit déchu qui a osé lever la main dans le but de créer l'Ogdru Jahad ! Ce qui expliquerait du coup le lien très étroit (le chant) unissant les Flammes Noires aux grenouilles, qui sont elles-mêmes liées aux Ogdru-Hem, les rejetons de l'Ogdru Jahad. Le simple fait qu'il est été téléporté sur Terre depuis l'intérieur de la prison de l'Ogdru Jahad est une preuve quasi irréfutable. 

At last but not least, tentons d'expliquer les raisons de l'arrivée de LA Flamme Noire en lieu et place de Raspoutine. Pour cela, intéressons-nous à l’acolyte de l'ancien président de Zinco, Mr. Pope, qui est aujourd'hui devenu le président de Zinco. Je veux bien sûr parler de Marstern.


Il ne fait aucun doute que Marstern savait que ce serait LA Flamme Noire qui déboulerait sur Terre, et non Raspoutine. Ayant été l'assistant de Pope lors de sa tentative de vouloir détruire le monde en endossant l'identité de la Flamme Noire, il est plus que logique qu'il soit resté sur cette idée de vouloir déclencher Ragna Rok en utilisant LA Flamme Noire. Pour ce qui est de la présence au sein du projet de Kurtz et Kroenen, nul doute qu'ils ont été appelés dans le seul but de concevoir la machine servant à localiser un esprit dans l'espace. Nan, en fait, la seule vraie interrogation encore en suspend concerne la présence de cette case dans le troisième numéro de The Devil's Engine :


Pourquoi Marsten va-t-il pleurnicher sur une photo de Raspoutine si c'est pour, derrière, ramener LA Flame Noire sur Terre ? Tromperie volontaire de John Arcudi et Mike Mignola afin d'aiguiller volontairement le lecteur dans la mauvaise direction ? Où bien Marsten voulait-il vraiment ramener Raspoutine sur Terre ? Ce qui voudrait donc dire que l'arrivée de LA Flamme Noire n'était pas prévu... Réponses à ces questions demain avec la sortie du cinquième et dernier numéro de The Return Of The Master.

Panatrog

mercredi 19 septembre 2012

Lobster Johnson, la banquette arrière du récit.


RÔLE SECONDAIRE APPARU DANS HELLBOY : CONQUEROR WORM, PROTAGONISTE ÉPISODIQUE ET INSAISISSABLE DES AVENTURES DU B.P.R.D., LE VIGILANTE A LA PINCE DE HOMARD ET AUX LUNETTES D'AVIATEUR-PREMIÈRE-GUERRE-MONDIALE POSSÈDE ENFIN SA SÉRIE PROPRE. AINSI, FAÇONNÉ ET ANIMÉ PAR LE CLAVIER A QUATRE MAINS DE MIKE MIGNOLA ET JOHN ARCUDI, RENDU VISIBLE ET DYNAMIQUE PAR LES CRAYONS ET PINCEAUX ÉLÉGANTS DE TONCI ZONJIC ET DONNÉ COMME TANGIBLE PAR L'INTELLIGENTE PALETTE DE COULEURS NUMÉRIQUES DE DAVE STEWART, LE SUPER-HÉROS AUX COLTS 45 EST LE PERSONNAGE PRINCIPAL DE LA GÉNIALE MINI-SÉRIE THE BURNING HAND. PRINCIPAL DISIONS-NOUS? À VOIR...

Vous êtes écrivain? Scénariste pour la télévision, le cinéma ou la bande-dessinée? Alors, sûrement, vous avez du entendre ce conseil avisé et pour autant de base: « si relisant votre histoire vous vous apercevez qu'un de vos personnages est plus intéressant que votre héros, alors empressez-vous de réécrire l'histoire ». Voilà qui semble logique. C'est bien celui qui attire le plus l'attention, par son épaisseur psychologique, sa richesse émotionnelle ou la force de son désir, qu'il faudra choisir pour véhiculer la thématique centrale, via son combat et sa révélation finale, faute de quoi l'intérêt du lecteur sera divisé et sa perception du sujet affaiblie. C'est celui-là qu'il faudra mettre au cœur du récit, celui-là dont il faudra approfondir l'humanité dans toutes ses nuances, celui-là qui affrontera l'adversité la plus redoutable afin d'en être métamorphosé. Et celui-là sera alors le vecteur qui transmettra un savoir émotionnel et sémantique nouveaux au lecteur qui, le temps de la narration, s'identifiera à lui. Relisons, à la lumière de cette raisonnable recommandation, les cinq épisodes de Lobster Johnson : The Burning Hand.

LA JOURNALISTE


Devons-nous mettre à jour le héros ? Cherchons donc l'adversaire. Cherchons LE malfaisant de l'histoire. Serait-ce Wald ce méchant principal ? Ce petit parrain mafieux est par trop ridicule et empoté pour mériter le titre. Serait-ce alors ce super-vilain à tête de mort et à flamme noire? Celui-ci au préalable présenté comme invincible, se révèle finalement fort vulnérable et de fait facilement  vaincu au bout du quatrième épisode, à savoir bien avant la fin. Non, l'adversaire le plus malveillant et dangereux est bien mr Isog, l'entremetteur, le corrompu qui présentera The Black Flame au malfrat local. Or, c'est Cindy Tynan qui le débusque et le capture. Cindy Tynan, fragile journaliste du Herald Tribune qui de victime passive et protégée par un Lobster Johnson monolithique, se fera investigatrice pertinente et engagée dans l'action, s'émancipant de son défenseur masqué et allant même jusqu'à créer la légende de ce dernier, sa révélation finale étant que le justicier n'est pas si efficace qu'il le croit et que la force véritable contre le mal est la presse écrite à laquelle elle appartient. C'est Cindy Tynan qui se transforme, Cindy Tynan qui dénoue l'intrigue, Cindy Tynan qui, elle seule, mène la barque de bout en bout et c'est son âpre bataille avec mr Isog qui transporte le thème central: la plume est plus forte que l'épée - ou, ici, la machine à écrire est plus puissante que le colt 45. Nous pourrions même aller jusqu'à penser que la main qui brûle le plus dans cette aventure, c'est bien la sienne, sur les touches incendiaires de sa machine portative. Mais alors, si c'est Cindy Tynan du Herald Tribune le personnage principal de la mini-série, Mignola et Arcudi auraient-ils dû revoir leur copie? Une copie qui nécessairement aurait dû s'intituler « Cindy Tynan, The Burning hand »? Oui mais voilà, les deux compères, loin de l'ignorer, semblent assumer totalement cette curieuse anomalie scénaristique. Explicitement ? Ce serait trop simple. Non, implicitement plutôt, et entre les cases. Entre deux cases de deux différentes histoires plus précisément.


LE MOTIF CACHÉ


Cherchons dans les cartons, sortons tous les albums ou comic books des aventures de Hellboy ou du B.P.R.D. où apparaît le vigilante aux lunettes oranges et tout de cuir vêtu, ajoutons les one-shots ou mini-séries arborant sa franchise, compulsons, examinons, comparons, relisons des passages, rapprochons des vignettes, revenons en arrière, c'est ça, voilà, c'est bien ça, nous les tenons. Nous tenons deux images dont la similitude ne pouvait que nous interpeller, d'autant qu'elles proviennent de B.P.R.D.: King of fear pour la première (planche 3, case 5), et de Lobster Johnson: The Burning Hand pour la seconde (planche 6, case 1), c'est à dire deux récits dont les dessinateurs sont différents. Toutes les deux sont de même dimension, de même format (rectangulaire et prenant   toute la largeur de la page) et, surtout, elles décrivent strictement la même scène selon le même cadrage: le super héros des années 30 et à la pince bleue assis sur la banquette arrière d'une voiture - conduite par Kate Corrigan (pour le dessin brossé par Guy Davis) et par mr Isog (pour  l'image dépeinte par Tonci Zonjic). Que Kate soit une amie et Isog un adversaire ne change rien à l'affaire: le motif, de toute évidence identique, est reproduit à dessein. Mignola et Arcudi nous le murmurent sans mot dire: Lobster Johnson ne conduit pas. Lorsque le fil narratif se déroule, que l'action va de l'avant et que l'intrigue est en mouvement, leur héros masqué se tient à l'arrière du véhicule narratif et c'est un autre personnage qui conduit. C'est dit, c'est clair, cela saute aux yeux du lecteur d'investigation, les deux scénaristes assument donc la surprenante structure de The Burning Hand qui fait de son protagoniste traditionnellement principal un personnage relativement secondaire. Mais si c'est assumé, c'est donc que ce n'est pas une erreur; mais si c'est reconnu, c'est donc que le procédé les sert. Et en effet. La carrure puissamment iconique du redresseur de torts implacable et armé, leur permet d'éclairer magistralement l'intrigue principale, c'est à dire le combat de Cindy Tynan contre mr Isog, ou, si l'on veut, la lutte du journalisme contre la corruption. 

Alors si vous êtes écrivain, scénariste pour la télévision, le cinéma ou la bande dessinée, sachez qu'il y a un cas qui vous permet de rendre un personnage plus intéressant que votre héros, c'est lorsque le schématisme lumineux de ce dernier permet de révéler toute la profonde complexité de l'autre.


Bernard Dato

lundi 6 août 2012

The Drawing Hand de Tonci Zonjic !


En attendant Lobster Johnson : The Prayer of Neferu, le prochain one-shot dédié aux aventures du vigilante à la pince qui pique, mais surtout histoire de se remettre de l'absence de Tonci Zonjci aux dessins, je vous propose de découvrir dans cet article making-of quelques planches encrées de sa précédente mini-série Lobster Johnson : The Burning Hand. Le montage avec leur version colorisée a été réalisé par mes soins afin que vous puissiez apprécier au mieux le talent de l'artiste ainsi que celui, à contre-coup, du coloriste Dave Stewart. Cerise sur le snickers, je vous ai également placé les planches dans un ordre chronologique histoire que vous puissiez kiffer un peu plus cet instant découverte. Enjoy :






















samedi 5 mai 2012

Tonci Zonjic, Dave Stewart, même combat !


Question à deux balles : comment rendre hommage, en même temps, au travail d'un dessinateur ainsi qu'à celui d'un coloriste ? Et bien, en dévoilant la version encrée d'une page déjà vue colorisée ! Et c'est sûrement dans cette optique que le génial Tonci Zonjic s'est dit "tiens, histoire de remercier Dave Stewart d'avoir si bien coloriser mon travail, j'vais donner d'la page en noir et blanc aux fans du Homard." C'est tout chaud d'hier et ça se trouve sur le blog du dessinateur au nom imprononçable. Pour rappel, le cinquième numéro de Lobster Johnson : The Burning Hand est prévu pour le 09 mai prochain.

Le montage avec les pages dévoilées il y a deux semaines par Dark Horse a été réalisé par mes soins histoire que vous puissiez avoir une bonne idée de la puissance de l'un des meilleurs coloriste du monde.