Affichage des articles dont le libellé est Comics. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Comics. Afficher tous les articles

mercredi 4 mars 2015

Dans les coulisses Nowlaniennes de "Abe Sapien #23" !


A quelques mois de la sortie du 23ème numéro de l'ongoing Abe Sapien (date de sortie fixée au 13 mai 2015), le site 13th dimension en dévoile aujourd'hui les quatre premières pages...ainsi que leurs versions  dites "layouts" et "crayonnées". Un bien beau cadeau de la part de Kevin Nowlan, le dessinateur, coloriste et cover artist en charge du numéro. Détail assez sympa, la deuxième case de la deuxième planche qui exprime bien l'idée de voir des artistes "adaptés" leur style aux canons graphiques de Mignola. Un coup de crayon pour délimiter la forme des personnages, un fond blanc, un décalage entre l'action (la grosse gifle dans les dents) et le son (le gros BOOM débordant à l'extérieur de la case) et on remplit tout ça avec du noir. Un hommage graphique et séquentiel des plus pertinent !

Page 1 :



Page 2 :



Page 3 :



Page 4 :


lundi 15 septembre 2014

Focus sur les monstres de "The Broken Equation" !


Le retour de Joe Querio dans le HBverse fut une excellente nouvelle pour pas mal de lecteurs. Ajoutons à ça le fait que notre bonhomme a pu dessiner une histoire se situant en partie dans un Japon infesté de Kaijus, et le slip du fan lambda du HBverse est bon pour changer d'élastique. Face à de tels ingrédients synonymes d'épique et d'érection graphique massive, le site Newsrama a eu l'excellente idée de faire un tour du côté du carnet de croquis de Joe Querio afin d'en tirer quelques précieuses pages témoins du talent de designer du bonhomme. Parce que oui, Joe Querio a eu l'honneur de concevoir le design des monstres géants en question. Je vous laisse d'ailleurs en compagnie du monsieur qui n'a pas hésité une seconde à commenter le tout afin de gaver les fans de B.P.R.D. d'informations plutôt funky. Allez, enjoy :

Newsrama : Vous semblez avoir conceptualisé pas mal de monstres pour ce numéro.

Joseph Querio : C’est ma passion. C’est comme ça que j’aime dessiner.

Nrama : Cette histoire de « B.P.R.D. » est donc faite pour vous, surtout lorsque l’on prend en compte le facteur kaiju.

Querio : Ouais, lorsqu’ils m’ont présenté le concept de cette histoire en deux numéros, j’étais super content. J’ai grandi avec de vieux films de monstres comme « Godzilla » et je reste, aujourd’hui, toujours aussi fan de ces films.

Nrama : Parlons maintenant de votre travail sur « B.P.R.D. » Quels dessinateurs ont eu une influence sur vous ?

Querio : Mike Mignola a eu une énorme influence su rmoi. Guy Davis. Dermot Power, un concept artist qui, si je ne me trompe pas, a travaillé sur le deuxième film « Star Wars » ainsi que sur quelques films « Harry Potter ». Il y a également Frank Frazetta. Et depuis qu’il travaille sur « B.P.R.D. », James Harren est devenu ma nouvelle référence.


Nrama : Bien qu’il soit mis en cases par des artistes dotés de styles très différents, il est intéressant de constater que l’univers graphique de « B.P.R.D. » reste néanmoins cohérent. Avez-vous adapté/modelé votre trait afin qu’il rentre dans les carcans graphiques de la série ou bien l’avez-vous peaufiné à travers sa conceptualisation ?

Querio : Je ne sais pas si j’ai adapté mon trait aux besoins de cette série, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’elle m’inspire vraiment beaucoup. Les premières histoires de « B.P.R.D. » que j’ai lu appartiennent à l’ère de Guy Davis. Du coup, peut-être ai-je injecté un peu de son style dans le mien pour cette série. Guy Davis m’a vraiment impressionné de par sa manière de raconter une histoire, et même si sa technique d’encrage peut paraître un peu « libre », je ne me suis jamais perdu dans ses planches. Tout reste lisible. J’aime être totalement absorbé par une bédé.

Il en va de même avec Mignola. Son trait est totalement immersif. J’ai déjà été frustré par certains comic books par le passé, car même si l’aspect graphique était bon, la narration, elle, ne suivait pas. C’est d’ailleurs pour ça que je fais de réels efforts pour devenir un meilleur narrateur, et ce afin d’avoir un style plus fluide. Je pense que James Harren est du même niveau que Guy Davis dans ce domaine. Vous n’avez qu’à tourner les pages de ses comic books et vous laisser transporter.

Nrama : Dark Horse ayant beaucoup communiqué sur le fait que ce numéro était le point d’entrée parfait pour les nouveaux lecteurs qui souhaiteraient débuter « B.P.R.D. », est-ce quelque chose dont on vous a tenu informé en amont du projet ?

Querio : Je n’ai pas tout de suite été au courant de cette volonté de Dark Horse de proposer aux nouveaux lecteurs un point d’entrée. Mais lorsque j’ai été tenu au courant, je me suis tout de suite dis « Oh non, faut surtout pas que je foire cette série. »

Nrama : Sachant comment se terminent ces deux numéros, pensez-vous qu’ils forment une bonne introduction pour les lecteurs pas très habitués à l’univers de « B.P.R.D » ?

Querio : Je pense que oui, simplement parce que l’histoire fonctionne très bien toute seule, en tant qu’histoire indépendante. Elle ne s’attarde pas trop sur le passé mais reste tout de même ancrée dans le même univers. Vous devez simplement connaître un minimum Enos et Johann, mais même si vous ne les connaissez pas, deux nouveaux personnages sont introduits dans ces numéros. Vous n’avez par conséquent aucune nécessité de connaître leur histoire avant de débuter cette série. 




Nrama : Nous allons partager avec nos lecteurs certains des croquis de monstres que vous avez réalisés. Pouvons-nous parler de ce que vous avez dû créer pour les besoins de cette histoire ? Ouvrons le bal avec celui baptisé « Quilly ».


Querio : Ouais, j’ai conceptualisé ça avec Mike Mignola. J’ai conçu la forme de la tête – la partie basse du corps était originellement une sorte de bâton marchant. Mike a par la suite finalisé le design de cette partie du corps du monstre, et lorsque j’ai vu le résultat, j’ai trouvé qu’il était parfait. J’ai vraiment aimé dessiné ce monstre.

Une bonne partie des monstres sont passés par une vraie évolution. Dans cette galerie de croquis, vous pouvez voir que le monstre présent sur la dernière page est passé par plusieurs étapes. Cette évolution par laquelle il est passé est d’ailleurs assez intéressante – il y a le grand monstre reptilien avec ses cornes de rhinocéros sur le nez. Mais nous avons fini par lui retirer ses cornes de rhinocéros car elles ne collaient pas avec le script. Puis ce monstre est passé par d’autres phases de développement avant d’arriver à sa forme finale visible sur la dernière page de croquis. Il y a donc eu une énorme transition entre sa première forme et sa forme définitive.

Nrama : Vous avez donc eu à corriger certains de vos designs pour ces numéros ?

Querio : Ouais, et cette partie du process était vraiment géniale. Pouvoir travailler avec ces gars que j’ai surveillé du coin de l’œil pendant si longtemps, c’était vraiment top. Je leur envoyais mes croquis et ils collaboraient avec moi afin d’établir le design général de cette histoire. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler dessus.

Ils me donnaient leur retour et j’adorais ça. J’aime concevoir des trucs, et mon égo a très bien supporté le fait de recevoir ce type de commentaires. Je pense que d’avoir dû suivre les indications de Scott et Mike a rendu mes croquis bien meilleurs. J’étais donc ravi d’avoir leur opinion.

Nrama : Il y a également le croquis du « Fin-Bat. »

Querio : Je pensais à un poisson de combat Japonais et voilà ce qui m’est venu. Cette bestiole n’a d’ailleurs jamais changé ; elle a intégré la série sans que son croquis d’origine ne change. Mignola et Arcudi m’ont décrit la créature comme ressemblant aux créatures à têtes de marteaux que Guy Davis dessina il y a quelques années, mais tout en me demandant d’en faire une version Japanisée. Elle devait également être plus fine et plus petite. J’ai donc pris cette idée et y ai ajouté les nageoires.




Nrama : J’ai particulièrement aimé le monstre présenté comme étant le challenger. Qu’est-ce qui vous a inspiré son design ?

Querio : Il me semble qu’elle était nommée « le monstre Challenger » car elle se référait au comic book “Challengers of the Unknown”. On y voit ces gars de l’espace passer à travers un portail et être compressés ensemble.

La conceptualisation de cette créature a vraiment été fun. Encore une fois, vous allez voir l’évolution du truc : tout a commencé avec l’idée d’un truc à quatre pattes et ayant une bouche en plein milieu. C’était ça l’idée de départ. On m’a alors dit de penser à elle comme si un sombre Dieu avait pris quelques personnes pour les écraser ensemble, ce qui donnerait une masse d’os, de chair et de casques qui seraient encore sur la tête de leurs propriétaires.


Nrama : Je présume que vous avez pris beaucoup de plaisir dans ce process.

Querio : Mec, je ne pourrais même pas te décrire à quel point je me suis éclaté. C’était comme un rêve devenu réalité.

mardi 12 août 2014

"Hellboy : The Coffin Man" en noir & blanc !


Grand généreux dans l'âme, Fabio Moon s'est dit que ce serait assez sympa de partager avec ses fans, et accessoirement ceux du HBverse, six des huit planches qui composent l'histoire courte Hellboy : The Coffin Man (histoire réalisée pour le Hellboy 20th Anniversary Sampler). Et ça, c'est plutôt cool ! 
"Au départ, je n’étais pas sûr de pouvoir rendre justice à Hellboy, que ce soit au personnage ou bien au style de Mignola. Et même si cette idée me terrifiait, je ne pouvais pas passer à côté de cette chance de pouvoir dessiner une histoire courte Hellboy. Raison pour laquelle j’ai accepté de relever ce défi. 
J’aime que mon âne fasse penser au monstre chien que l’on peut voir dans l’une des toutes premières histoires Hellboy. C’est une bonne façon de célébrer les 20 ans de ce personnage. 
Je me sens honoré de faire partie du Hellboy/Mignolaverse, et j’espère que je ne décevrai pas Mike ainsi que ses fans."






dimanche 27 juillet 2014

Leçon de colorisation par Dave Stewart !


Aujourd'hui, notre coloriste préféré décrypte pour nous le pourquoi du comment qu'il a colorisé telle planche de telle manière - t'as suivi ? Ce petit décryptage permet surtout d'avoir une bonne vision des choix du coloriste ainsi que des enjeux se cachant derrière tel dessinateur ou bien telle planche. Une palette de couleurs que l'artiste adapte donc en fonction du projet sur lequel il travail afin de mieux mettre en avant les enjeux scénaristiques/séquentiels déployés par ses collaborateurs. Enjoy et pardon d'avance pour l'aspect brouillon de la traduction - on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, quoi.



Dave Stewart explique comment les couleurs ont aidé à donner des formes à cette couverture :

Cette couverture montre la capacité des couleurs à ajouter de la profondeur à une image. Elles aident également à détacher les personnages de l'arrière plan. Des changements de couleurs plus subtils appliquées aux rochers aident à faire ressortir certains détails. Le fait de garder les mêmes variations de couleurs permet de distinguer les détails qui se trouvent au premier plan ou bien dans l'arrière plan. Coloriser le trait du dessinateur permet également de créer de la profondeur de champ, notamment avec l'arrière plan composé de collines.



Voici un excellent exemple du rendu du travail de Dave Stewart. Dans cette série de cases tirées de B.P.R.D. Hell on Earth #117, les couleurs aident à donner du volume au trait du dessinateur :

Mon approche fut de créé un environnement qui peut difficilement être décrit et qui est contrôlé par la Flamme Noire, avec une sensation de psychédélisme complètement surréaliste qui plane tout autour du personnage. Ces cases précèdent un grand combat qui opposera les deux personnages. Il fallait donc donner à cette scène une sensation de calme. Dans le comic book, tout fut colorisé d'une façon très naturelle jusqu'à ce qu'on arrive à cette scène. Le contraste entre cette scène et le reste du numéro crée un sentiment de malaise assez étrange.


Voici un autre exemple du travail plus iconique de Dave Stewart. Ici, le coloriste a collaboré avec Mike Mignola :

Ceci est une approche très Européenne de la colorisation. Il n'y a pas beaucoup de volumes ou bien de rendus qui permettent de donner des formes. C'est une approche très graphique. Les formes sont supposées venir des silhouettes des personnages.

Le ton global de cette scène est très bien résumé dans la troisième case. Bien que l'ambiance générale soit très sombre, la présence d'action dans cette page nécéssitait d'apporter un peu de punch à la palette colorimétrique donnée à l'ensemble du numéro. Cela permit d'indiquer visuellement que quelque chose de significatif était en train d'arrivé. La seconde case est plus cool. Dans la dernière case, la palette utilisée est plus sombre, mais le gars avec les cornes étant en train de brûlé Hellboy; cela permit d'isoler l'action et de garder l'attention des lecteurs sur la séquence d'action de cette scène.

Source : OPB

vendredi 23 mai 2014

"The Mysteries of Unland", l'extrait en noir & blanc !


Chez Dark Horse Comics, on n'arrête pas une machine de com' bien huilée. Après avoir dévoilée dans les pages du sixième numéro de l'ongoing Hellboy in Hell un extrait de trois pages du premier numéro de la série Witchfinder : The Mysteries of Unland, c'est au tour du dessinateur Tyler Crook de mettre la main à la pâte et de balancer sur son tête de livre les pages en noir & blanc du dit extrait. Sortie du dit le numéro le 18 Juin !



vendredi 2 mai 2014

"Abe Sapien #12", décryptage par Max Fiumara !


Attendu dans tous les bons comic shops du monde pour le 14 mai prochain, soit dans deux petites semaines, Abe Sapien : The Garden montre ce qu'il a sous la planche via un article analytique posté par le site Bleedingcool. L'occasion pour Max Fiumara, le dessinateur de ce one-shot, et Dave Stewart, le coloriste de tout, de revenir sur l'énorme boulot effectué afin de décomposer graphiquement et colorimétriquement cette histoire en différents fils narratifs. Un putain d'article de ouf que je vous ordonne de lire !

Layouts (Max Fiumara)


Max Fiumara : L'histoire montrant plusieurs personnages évolués dans différents endroits et à différents moments, nous avons du mettre en place un guide afin de nous aider à visualiser l'ensemble de l'histoire. J'ai donc planifié la "maquette" de ce numéro en mettant des lettres, de A à I, sur les layouts histoire de rendre les choses plus claires pour moi.


MF : Par exemple : La lettre B apparait sur les pages 1 et 5 et installent la case centrale de l'homme se tenant sur le toit de sa maison. La lettre E accompagne celle voyant la femme sur le lit dans une pièce sombre. La lettre F montre la scène avec les monstres et la voiture dans la rue, et ainsi de suite.


Crayonnés (Max Fiumara)


MF : Nous avons longtemps parlé de ne mettre que trois cases par page. Il était évident pour moi que toutes les cases auraient la même taille. Cela m'aida notamment à mieux représenter les lieux en utilisant toute la place dédiée aux décors ainsi qu'à utiliser ses mêmes décors dans différentes cases afin d'enchaîner les séquences de façon plus organique, comme la case 3 de la page 1 qui montre le même décor que la case 1 de la page 5.


MF : Réaliser toutes ces cases avec la même taille m'a également aidé à donner la même importance aux personnages ainsi qu'aux événements.


MF : Le fait d'avoir autant de place pour dessiner me donna l'opportunité de dessiner de nouveaux trucs, et Scott Allie me demanda de dessiner les effets sonores à la main - quelque chose que je n'ai pas l'habitude de faire. Mais c'était vraiment à faire, comme vous pouvez le voir sur la page 6 avec le BAM qui traverse la pièce. C'était vraiment super de pouvoir jouer avec les effets et de pouvoir les intégrer aux dessins.



Placements (Max Fiumara)




Encrage (Max Fiumara)


MF : Dans ce douzième numéro de Abe Sapien, j'ai utilisé plus d'outils que dans les autres numéros d'Abe Sapien que j'ai pu dessiner. Ceci s'explique par la présence de différentes histoires à l'intérieur de cette histoire. La façon d'encrer, le style et les outils utilisés chantaient donc en fonction des scènes à représenter.


MF : J'ai opté pour un encrage à l'eau pour les scènes flashback de l'homme et de la femme. Ces scènes étant les plus sombres, cette technique d'encrage apportait beaucoup  au côté sombre et lourd de ces scènes.


MF : Pour les scènes avec la femme dans la pièce sombre, j'ai utilisé un pinceau à brosse, mais sans donner de tonalités grises à l'ensemble, et caché tout l'arrière plan sous de grosses couches de noir. Ici, la femme traverse un moment difficile, essayant de refouler certains souvenirs douloureux. J'ai donc utilisé son langage corporel ainsi que des ombres très sombres pour mieux exprimer ses sentiments.



Couleurs (Dave Stewart)


Dave Stewart : Les changements de lieux et de temporalités nécessitaient plusieurs traitements chromatiques. Les couleurs ne furent pas choisies que pour donner plus de contraste aux scènes flashbacks, mais aussi pour leur apporter plus d'émotion. La séquence d'ouverture devait avoir un côté pale, comme si elle était brûlée par le soleil.


DS : Morne et mort, une sorte d'anti-Eden, un lieu où Abe serait le seul élément vert. La scène avec Grace est triste et noyée dans un bleu très sombre qui permet de mieux retranscrire le sentiment d'isolement du personnage. Elle est dans cette pièce depuis très longtemps et son monde est devenu sombre. Ses flashbacks, ou souvenirs cauchemardesques, ont été colorisés avec du feu et du sang.


DS : Pas encore vus dans les six premières pages, les flashbacks de l'homme sont dominés par des nuances de verts obscurs, un peu comme des verts sous-marins. Cela donne la sensation de voir ses souvenirs à travers étang fétide. J'ai du m'éloigner du vert si caractéristique de Abe afin de créer une rupture de ton avec les scènes où il apparait. Donner un rendu plus clair à la narration fut la chose la plus importante dans mon travail de colorisation.